Jean-Claude Martin - Fragment du Livre - 2020

"Echos et résonances" - 2005

Les pensées passent dans les têtes comme des sangsues déconcertées. Ouvrir les yeux pour qu’elles se jettent par la fenêtre ? Elles se traînent dans des rêves, vieux remords insatisfaits. Même si aucun crime n’a eu lieu.

Pas beaucoup de rêves heureux. Ce sont presque toujours de sales moments que la réalité du réveil – c’est heureux -- interrompt. Réalisent-ils des désirs en sous-main ? Leur sympathie est bien cachée.

Quand les pensées abordent au passé, son rivage est plus dangereux qu’un fil électrique dénudé. Honte s’étend sur le sable. Il n’est pire torture que celle des souvenirs. Ne t’approche pas de ce qui a eu lieu, les fantômes sont méchants comme des prisonniers trop longtemps enfermés.

Si le ciel était malgré tout de l’autre côté de la fenêtre, charmant et pâle comme un réveil de mai. Tu serais Celle qui voit à travers moi, et va naissant. En nous la lumière du dehors. Nous franchirons les mauvais rêves.

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